samedi 29 août 2015

Mon début de grossesse

En fin février 2015, je venais d'obtenir une embauche dans une société de vente en porte à porte de forfaits internet et téléphone, payée à la commission et malgré le sentiment d'exploitation j'avais envie de tenter l'expérience ne serait ce que pour avoir une expérience québécoise.
Mais après quelques jours à marcher tous les après-midi le long des rues et à se faire rejeter sur le perron par des personnes révoltées contre la compagnie dont je distribuais les forfaits, j'ai remarqué un début de saignement que j'ai mis sur le compte de règles. Mais après une semaine de suintement j'ai fini par m'interroger et en parler à mon mari. Celui m'a reprochée de n'avoir pas été interpellée plus tôt et il m'a dit j'ai rêvé que tu étais enceinte. J'ai eu un rire nerveux parce que j'ai été percuté par cette idée d'être enceinte. Même si j'espérais qu'on ferait un enfant avec un cycle irrégulier et même pas encore 2 mois de mariage. Je n'avais pas envisagé cette hypothèse surtout qu'une grossesse signifie au contraire une absence de saignement.
"Nous allons faire un test de grossesse de matin" m'a-t-il dit.
Effectivement le lendemain matin j'étais encore au lit quand il est sorti et est revenu quelques minutes plus tard avec un test de grossesse.
Après le fameux pipi matinal et les 3 minutes d'attente interminables, un résultat s'est affiché que mon cerveau a refusé de comprendre. Quand je suis revenue à moi même j'ai crié et mon mari a accourru. "c'est positif ?" il a compris que oui par l'effroi qu'il a lu sur mon visage et il s'est mis à crier aussi et nous nous sommes mis à crier ensemble mélangeant cris d'effroi et cris de joie. C'est un moment de pur bonheur, d'excitation, de peur que nous nous n'oublierons pas.
Et donc après cette révélation il était plus qu'urgent que nous allions en consultation parce que les saignements étaient inquiétants dans ce cas.
Après 4h d'attente dans l'angoisse pour la première fois dans les hall de l'urgence de l'hôpital et imaginer notre future vie de parents, j'ai été appelée et un médecin m'a examinée.
"Vous faites une fausse couche " m'a-t-elle dit. " J'ai prélevé des débris placentaires que nous faire examiner." Le sol s'est ouvert sous mes pieds. Puis elle est allée chercher l'échographe et après plusieurs essaie elle m'a dit "il faut que vous fassiez une échographie demain en service de radiologie. Ils ont un meilleur matériel et on procédera à un curetage ensuite."
Après une prise de sang, comme un zombie je suis ressortie les larmes au yeux, j'ai répété tous ces mots à mon mari. Même si ça faisait beaucoup de nouveaux mots nous avons compris l'idée. 5h après l'euphorie du test de grossesse, nous n'avions plus de bébé.
Le lendemain nous avons eu échographie qui a révélé que j'étais enceinte de 6 sa. "il ya bien un sac gestationnel ce n'est pas un oeuf clair mais à ce stade et avec tous saignements, on ne peut pas prévoir comment ça va évoluer. Nous allons vous programmer pour une autre prise de sang le 8avril dans une semaine pour voir si votre grossesse a évolué dans le cas contraire nous procéderons à un curetage."
Nous sommes rentrés chez nous dans la confusion, l'inquiétude, l'incertitude quand à l'avenir de notre bébé. Nous avons prié, appelé nos parents en Afrique qui ont prié aussi. Nous avons gardé la foi que notre bébé grandira.
Mais 2 jours après alors que je prenais ma douche les saignements se sont accentués et j'ai cette fois perdu un gros caillots. J'étais désemparée. J'ai appelé mon mari qui est rentré et nous sommes retournés aux urgences. Au niveau du tri, l'infirmière m'a conseillée de rentrer chez moi et revenir seulement si je saignait abondamment plus d'une serviette à l'heure.

Nous avons vécu des moments difficiles. Le mercredi, le fameux mercredi 8 jour du verdict paraissait loin, si loin. Trop longues étaient ces journées nous étions dans l'incertitude et où internet était notre seul repère. Tantôt on trouvait un témoignage ou le bébé avait survécu malgré les saignements et nous reprenions espoir.
Tantôt un ou le bébé était partir et nous nous effrondions. Et mon mari qui m'attendait de pied ferme à chaque fois que je m'hasardais dans les toilettes pour quoi que ce soit avec sa question "encore des saignements ?" et moi qui répondait toujours avec ma mine déconfite oui de la tête.

Ce fameux 8 est arrivé et de retour au l'hôpital au moment de la prise de sang l'infirmière nous a indiqué qu'elle ne pouvait procéder à la prise de sang que si nous réglions la somme parce que je n'avais pas d'assurance santé. Alors nous sommes allés à la comptabilité où nous a éclaté en pleine figure la facture de plus de 1200 dollars canadiens comprenant plus de 700 dollars pour notre première visite à l'urgence, 200 dollars pour la prise de sang de ce jour ainsi si que près de 300 dollars pour l'échographie du lendemain. Nous devions en plus régler 200 dollars pour la prise de sang de ce jour.
Pour régler la facture de 1200 dollars nous avons négocier une entente de 150 dollars par mois et nous avons réglé la prise de sang.
Mon mari étant aux études et moi ne travaillant pas notre situation financière ne nous permettait pas de faire face à des factures pareilles sans aucune assurance.
Après la prise de sang nous avons attendu autour d'une heure et nous avons ensuite été reçu par un docteur qui nous a donné la bonne nouvelle que mon taux d'hormones avait augmenté et donc notre grossesse se poursuivait. Il n'était plus question de curetage. C'était gloire à Dieu.
Même si nous avions réalisé que sans assurance faire face à tous ces frais d'hôpitaux était un gros problème pour nous, la joie de savoir que notre bébé s'accrochait était la et nous boostait pour la suite.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire